Sexisme et intimidation

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Jeunes filles de 7e et 8e années participant à la troisième séance du cours d’autodéfense et d’estime de soi offert par le COPA dans le cadre du programme Courage sur la prévention de la violence. 

La plupart des manchettes sur son décès ont porté sur la « cyberintimidation ». Or, ce mot rend à peine justice à la torture misogyne à laquelle est a dû faire face. Dans la mort, elle doit maintenant faire face à un autre type de malice : le blâme de la victime.

- Drew Nelles, « The Internet Dilemma: Do People Have the Right to be Forgotten?” », le samedi 4 mai 2013. (Traduction libre)

Avec l’explosion des médias sociaux, on assiste à une hausse fulgurante de cas de harcèlement sexuel et d’agressions en ligne sur les jeunes femmes. Dans certains cas, ces agressions ont mené au suicide. Le nom d’Amanda Todd et celui de Rehtaeh Parsons hantent les Canadiennes et les Canadiens. Le public a été horrifié et consterné d’apprendre la nature de leur douleur, de leur souffrance et de leur humiliation.

Amanda Todd a été exploitée sexuellement par un homme adulte qui, par la suite, l’a manipulée par la peur et la honte à avoir d’autres contacts sexuels en ligne.  Rehtaeh Parsons a été violée par de jeunes garçons de son âge. Son agression a été diffusée dans tous les médias sociaux. On l’a ensuite blâmée ouvertement, alors que ses agresseurs n’ont subi aucune conséquence. Dans les deux cas, à la suite de l’agression, on a accusé ces jeunes femmes d’avoir des mœurs faciles.

Dans le monde des médias sociaux et traditionnels, on désigne ces événements tragiques, et d’autres événements similaires, comme étant de « l’intimidation ». Les discussions sur l’intimidation dans les écoles reflètent souvent ce point de vue prédominant. Il y a une logique sous-jacente à ceci : l’intimidation est fondée sur le déséquilibre des pouvoirs et sur l’intention de dominer et d’humilier une personne. De toute évidence, c’est aussi le cas en ce qui concerne la violence - sous toutes ses formes - faite aux filles et aux femmes.

Toutefois, lorsque nous comparons la violence contre les filles et les jeunes femmes à l’intimidation, nous confondons une des caractéristiques clés de la dynamique de l’agression : cette forme de violence est perpétrée par un homme contre une femme. En ne tenant pas compte de cet aspect fondamental, nous risquons de perpétuer le cycle de la violence. En revanche, lorsque nous en parlons, nous exposons les causes profondes et sommes plus en mesure d’établir des stratégies pour briser ce cycle. 

Quelles sont ces causes profondes? Le COPA a recours à une analyse féministe pour comprendre la complexité de cette forme de violence. Au COPA, nous croyons que les attitudes et les croyances sexistes sont enracinées profondément dans notre culture dominante (encore aujourd’hui) et dans de nombreux établissements et structures sociales.

Vous serez peut-être étonnés d’apprendre qu’aujourd’hui encore, on continue de cibler les filles et les jeunes femmes d’âge scolaire avec les mêmes moyens et les mêmes armes idéologiques qu’il y a des décennies.

Le harcèlement des filles et des jeunes femmes vise toujours leur attirance ou à leurs activités sexuelles, leur façon de s’habiller ou leur taille et leur poids. Aujourd’hui, nous avons les mots pour nommer le problème, mais nous n’avons pas encore réussi à interrompre cet usage de la sexualité féminine visant à contrôler et à dévaloriser les femmes. 

En définissant l’agression sexuelle et le harcèlement sexuel en ligne des filles et des jeunes femmes comme étant de l’intimidation, on embrouille et aggrave le problème. On ne discute pas du sexisme et de l’exploitation sexuelle de filles et de jeunes femmes dans la culture dominante et la société nord-américaine. Ces crimes demeurent mal compris et, en majeure partie, invisibles.

C’est en admettant que la violence faite aux filles et aux femmes est un problème social distinct que l’on pourra faire des choix et poser des gestes concrets - individuellement et collectivement - pour changer les choses. Il y a tant de mesures que peuvent prendre les parents, les tutrices ou tuteurs, les élèves et le personnel enseignant et de l’école pour établir des milieux scolaires et communautaires dans lesquels les filles et les femmes (et tout le monde) pourront vivre dans la sécurité, la force et la liberté.

Pour en savoir plus sur les programmes de lutte contre le sexisme, y compris sur les cours d’autodéfense pour les filles, veuillez communiquer avec le personnel du COPA.

Pour vous renseigner sur les stratégies visant à prévenir le sexisme (et les autres formes de discrimination) et promouvoir l’équité et l’inclusion dans les salles de classe et les écoles, parcourez le module sur l’équité et l’inclusion dans le site Web du COPA et de la FEO Bien-être à l’école ou commandez les ressources du site Web infocopa.com.

Nous invitons les hommes qui désirent devenir des alliés pour faire cesser la violence faite aux filles et aux femmes à visiter la campagne en ligne Ça commence avec toi. Ça reste avec lui. créée et gérée par le COPA.

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